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Bruges : les carmes autorisés à ouvrir 20 chambres d’hôtes dans leur couvent

Dormir dans une ancienne cellule de moine, prendre son petit-déjeuner avec d’autres hôtes, puis s’accorder un temps de silence : c’est ce que proposeront bientôt les pères carmes de Bruges. Selon une dépêche Belga publiée ce dimanche 18 octobre, la Ville leur a accordé un permis pour exploiter 20 chambres d’hôtes dans leur couvent. Quatre mois plus tôt, la même demande avait pourtant été refusée.

En bref
• Les carmes de Bruges obtiennent un permis de cinq ans pour 20 chambres d’hôtes : 15 simples et 5 doubles.
• Les chambres sont aménagées dans les cellules existantes du couvent, et les pères gèrent eux-mêmes la maison d’hôtes.
• En juin, la Ville avait d’abord dit non, au nom d’un plafond de trois chambres par logement et de son « stop hôtelier ».
• En France, l’appellation « chambres d’hôtes » est limitée à cinq chambres et quinze personnes.

Un couvent qui ouvre ses portes aux voyageurs #

D’après la dépêche reprise par La Libre, le permis porte sur 15 chambres individuelles et 5 chambres doubles, installées dans les chambres existantes du couvent. Le changement d’affectation du bâtiment a été acté, et l’autorisation est accordée pour cinq ans. Les pères assurent eux-mêmes l’exploitation : petit-déjeuner servi dans un espace commun, salle de réunion réservée aux moments de silence et de réflexion.

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L’intention affichée n’est pas de concurrencer les hôtels de la ville, très fréquentée par les touristes. Les religieux veulent d’abord offrir à leurs visiteurs une période de repos et de recueillement. Le couvent accueillait déjà des visiteurs, mais sans cette capacité d’hébergement.

Pourquoi les carmes se lancent

La raison est très concrète. Comme l’expliquait la VRT en juin, les carmes de l’Ezelstraat voulaient lutter contre l’inoccupation de leur couvent : les cellules ne sont plus occupées par des pères ou des novices. Plutôt que de laisser ces pièces vides, la communauté a choisi de les rendre utiles en accueillant des hôtes.

Un premier refus en juin #

Le dossier n’a pas été simple. Toujours selon la VRT, la Ville de Bruges avait refusé le permis en juin pour deux raisons. D’abord, les règles locales ne permettent de proposer que trois chambres d’hôtes au maximum par logement. Ensuite, vingt chambres s’apparentent à un hôtel, et Bruges applique un stop sur les nouveaux établissements hôteliers.

L’échevin Mathijs Goderis avait expliqué que la Ville n’était pas opposée aux hôtes en soi, mais qu’elle devait « aussi penser à l’avenir ». Un permis de bâtir étant illimité dans le temps, il pourrait profiter plus tard à un exploitant touristique si le couvent changeait de vocation. La Ville avait alors proposé de discuter avec les pères pour trouver une solution. La durée limitée à cinq ans du permis accordé aujourd’hui semble répondre à cette inquiétude.

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Et en France, qu’est-ce qu’une chambre d’hôtes ? #

L’histoire de Bruges rappelle qu’une chambre d’hôtes n’est pas un petit hôtel. En France, la réglementation est claire. Comme le détaille la fiche pratique de la DGCCRF, l’activité est encadrée par les articles L. 324-3 et D. 324-13 et suivants du Code du tourisme : la capacité est limitée à cinq chambres pour quinze personnes au maximum, et une déclaration en mairie est obligatoire.

La DGCCRF précise qu’au-delà de ce seuil, louer des chambres chez l’habitant n’est pas interdit, mais l’activité ne peut plus porter l’appellation « chambres d’hôtes », ni un terme assimilé comme « maison d’hôtes ». Le principe de base reste le même : la nuitée est fournie avec le petit-déjeuner, et l’accueil est assuré par l’habitant.

Ce qui fait la différence avec l’hôtellerie

Dans le cas des carmes, la frontière se joue sur la nature de l’accueil plus que sur le nombre de lits. Les pères vivent sur place, reçoivent eux-mêmes leurs hôtes et proposent un cadre de vie partagé. C’est cette dimension, et non le confort ou les services, qui distingue la chambre d’hôtes de l’hôtel. Un couvent français de cette taille ne pourrait pas, en revanche, utiliser l’appellation au-delà de cinq chambres.

Le séjour en monastère, une envie qui se confirme #

Les hébergements dans des lieux religieux ne sont pas une nouveauté. Abbayes et couvents accueillent depuis longtemps des retraitants. Ce qui change, c’est le public : des voyageurs qui ne cherchent pas forcément une démarche spirituelle, mais du calme, un cadre historique et une rupture avec le rythme du tourisme urbain.

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Pour les propriétaires de chambres d’hôtes, l’exemple brugeois est une piste de réflexion. Les clients qui choisissent ce type d’hébergement viennent chercher une rencontre et une ambiance, bien plus qu’une prestation standardisée. Mettre en avant l’histoire de sa maison, le calme des lieux ou un petit-déjeuner partagé reste souvent le meilleur argument, quelle que soit la taille de l’établissement.

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